Vous vous apprêtez à poser une fenêtre et votre artisan vous parle de rejingot ? Vous vous demandez ce que c’est exactement et pourquoi c’est si important ? Vous avez entendu dire que sans rejingot conforme, c’est la porte ouverte aux infiltrations d’eau ?
Eh bien, figurez-vous que vous êtes tombé sur le bon article !
Le rejingot, c’est ce petit détail technique qui peut faire toute la différence entre une pose de fenêtre réussie et des problèmes d’étanchéité qui vous coûteront cher. Nous allons décortiquer ensemble tout ce qu’il faut savoir sur ce fameux élément.
Vous êtes prêt à devenir incollable sur la pose fenêtre sur rejingot ? Alors, c’est parti !
Qu’est-ce qu’un rejingot et à quoi sert-il ?
Le rejingot est un petit relief en forme de pente situé au-dessus de l’appui de fenêtre. Cette saillie d’apparence anodine joue un rôle crucial dans l’évacuation des eaux de pluie loin de votre menuiserie.
Concrètement, le rejingot agit comme une gouttière miniature qui dirige l’eau vers l’extérieur du bâtiment. Sans lui, l’eau ruisselle directement sous le dormant de votre fenêtre, créant des infiltrations qui peuvent causer moisissures, dégradations du bâti et problèmes sanitaires.
Cette pièce technique permet également de supporter la traverse basse du châssis de fenêtre. Elle fait ainsi le lien entre la maçonnerie et la menuiserie, assurant une transition étanche entre ces deux éléments de construction.
Le rejingot peut être réalisé de deux façons : coulé en place lors de la construction de l’appui, ou posé préfabriqué avant l’installation de la fenêtre. Chaque solution présente ses avantages selon votre projet.
Normes et dimensions à respecter selon les DTU
La réglementation française encadre strictement les dimensions des rejingots à travers les DTU (Documents Techniques Unifiés) et les prescriptions du CSTB. Ces normes garantissent l’efficacité de l’étanchéité.
Rejingot coulé en place
Pour un rejingot intégré à l’appui de fenêtre, les dimensions minimales selon le DTU 20.1 sont :
| Caractéristique | Dimension minimale |
|---|---|
| Largeur | 40 mm |
| Hauteur | 25 mm |
| Pente | 10% |
Rejingot préfabriqué
Les rejingots préfabriqués respectent généralement des tolérances légèrement différentes :
| Caractéristique | Dimension minimale |
|---|---|
| Largeur | 30 mm |
| Hauteur | 20 à 25 mm |
| Pente | 8 à 10% |
Ces dimensions peuvent paraître faibles, mais elles sont calculées pour assurer un ruissellement optimal tout en permettant une pose correcte de la menuiserie. Un rejingot hors normes compromet immédiatement l’étanchéité de votre installation.
Types et matériaux de rejingot : coulé vs préfabriqué
Le choix entre rejingot coulé et préfabriqué dépend de votre projet, de votre budget et de vos contraintes de construction.
Rejingot coulé en place
Cette solution consiste à mouler le rejingot directement lors du coulage de l’appui de fenêtre. Les avantages :
- Durabilité maximale grâce à l’intégration complète à l’appui
- Étanchéité parfaite sans joint de liaison
- Adaptation sur mesure aux dimensions de votre baie
- Coût matériau réduit
Les inconvénients ? Cette technique nécessite du savoir-faire en maçonnerie et demande plus de temps de mise en œuvre.
Rejingot préfabriqué
Le rejingot préfabriqué se pose comme une pièce rapportée sur l’appui existant. Ses atouts :
- Pose rapide et simple
- Idéal pour la rénovation
- Qualité de fabrication garantie
- Disponibilité immédiate
Le point faible : il faut soigner l’étanchéité entre le rejingot et l’appui pour éviter les infiltrations.
Matériaux disponibles
Plusieurs matériaux s’offrent à vous selon vos priorités :
- Béton : économique et durable, le plus courant
- Pierre reconstituée : bon compromis esthétique/prix
- PVC : léger et facile à poser
- Aluminium : résistant aux intempéries
- Inox : haut de gamme, très résistant
- Pierre naturelle : esthétique mais onéreux
Préparation avant pose : vérification et mesures
Avant de poser votre fenêtre, une phase de vérification du rejingot s’impose. Cette étape conditionne la réussite de votre installation.
Contrôle de conformité
Vérifiez que votre rejingot respecte les dimensions normatives. Utilisez une règle pour mesurer la largeur, la hauteur et contrôler la pente avec un niveau à bulle. Un rejingot non conforme doit être rectifié ou remplacé avant la pose.
Examinez également l’état de surface : pas de fissures, d’éclatements ou de parties friables qui compromettraient l’étanchéité.
Prise de mesures précises
Pour une pose en applique (la plus courante en construction neuve), prenez vos mesures après réalisation complète des enduits. L’épaisseur de l’isolant et du dormant influence la position finale de la menuiserie.
Mesurez la largeur du rejingot à plusieurs endroits pour détecter d’éventuelles irrégularités. Notez également la hauteur disponible entre le rejingot et le linteau pour choisir la bonne hauteur de fenêtre.
Cas particulier : absence de rejingot
Si votre appui de fenêtre ne dispose pas de rejingot, vous devez impérativement en créer un avant la pose. Plusieurs solutions existent : coulage d’un enjoliveur en mortier, pose d’un rejingot préfabriqué collé, ou reconstitution complète de l’appui.
Étapes détaillées pour poser une fenêtre sur rejingot
La pose d’une menuiserie sur rejingot demande méthode et précision. Voici les étapes à respecter pour garantir une installation étanche et durable.
Étape 1 : Préparation du support
Nettoyez soigneusement le rejingot et l’appui de fenêtre. Éliminez poussières, traces de plâtre ou résidus de construction qui pourraient nuire à l’adhérence des joints d’étanchéité.
Vérifiez une dernière fois les dimensions et l’équerrage de la baie. Un défaut à ce stade se répercute sur toute la suite de l’installation.
Étape 2 : Positionnement et calage
Positionnez la fenêtre sur le rejingot en respectant les reculs préconisés par le fabricant. Le dormant doit reposer uniformément sur toute la largeur du rejingot.
Utilisez des cales pour ajuster parfaitement l’horizontalité et la verticalité. Cette phase de calage conditionne le bon fonctionnement des ouvrants.
Étape 3 : Fixation mécanique
Percez les points de fixation en évitant de fragiliser le rejingot. Utilisez des chevilles adaptées au matériau support et aux efforts à reprendre.
Serrez progressivement les fixations en contrôlant que le dormant ne se déforme pas. Un serrage excessif peut compromettre l’étanchéité des joints.
Étape 4 : Réalisation des joints d’étanchéité
Appliquez un cordon de mastic d’étanchéité entre le dormant et le rejingot. Ce joint assure la continuité étanche entre la menuiserie et la maçonnerie.
Lissez soigneusement le joint pour éviter les rétentions d’eau. La finition doit diriger l’eau vers l’extérieur sans créer de point bas.
Étape 5 : Contrôles finaux
Vérifiez le bon fonctionnement des ouvrants : ouverture, fermeture, étanchéité des joints. Testez également l’évacuation de l’eau en versant un seau d’eau sur l’appui.
L’eau doit s’évacuer rapidement vers l’extérieur sans stagnation ni infiltration sous le dormant.
Faut-il faire appel à un professionnel ?
La pose d’une fenêtre sur rejingot peut sembler simple, mais elle engage votre responsabilité en cas de désordres. Plusieurs arguments militent pour le recours à un professionnel qualifié.
Garanties et assurances
Un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) vous fait bénéficier de la garantie décennale sur ses travaux. Cette protection vous couvre contre les vices cachés et les désordres pendant 10 ans.
De plus, seuls les travaux réalisés par un professionnel RGE ouvrent droit aux aides publiques : MaPrimeRénov’, éco-PTZ, TVA à taux réduit.
Maîtrise technique
Un professionnel maîtrise les normes et techniques de pose. Il sait adapter sa méthode selon le type de rejingot, les matériaux et les contraintes du bâtiment.
L’expérience lui permet d’identifier rapidement les points critiques et d’anticiper les problèmes d’étanchéité. Un gain de temps et de sérénité non négligeable.
Pour des menuiseries standards sur rejingots conformes, comptez entre 150 et 300 € HT par fenêtre pour la main-d’œuvre. Un investissement raisonnable au regard des enjeux.
Questions fréquentes
Est-ce qu’un rejingot est obligatoire ?
Oui, le rejingot est obligatoire selon les DTU français. Il fait partie intégrante du système d’étanchéité de la fenêtre et sa présence conditionne la conformité de l’installation. Poser une menuiserie sans rejingot expose à des infiltrations d’eau et à un refus de garantie.
Quelle est la hauteur minimale d’un rejingot de fenêtre ?
La hauteur minimale d’un rejingot varie selon son type : 25 mm pour un rejingot coulé en place, et entre 20 et 25 mm pour un rejingot préfabriqué. Cette dimension garantit l’évacuation efficace des eaux de pluie vers l’extérieur du bâtiment.
Peut-on poser une baie vitrée sans rejingot ?
Non, une baie vitrée nécessite impérativement un rejingot, même plus encore qu’une fenêtre standard en raison de sa plus grande exposition aux intempéries. L’absence de rejingot sur une baie vitrée garantit des infiltrations d’eau à court terme et des dégradations importantes du bâti.
Quel est le prix d’un rejingot préfabriqué ?
Le prix d’un rejingot préfabriqué varie de 15 à 80 € le mètre linéaire selon le matériau choisi. Le béton reste le plus économique, tandis que l’inox ou la pierre naturelle atteignent des tarifs plus élevés. Ajoutez 50 à 100 € de main-d’œuvre pour la pose par un professionnel.



